"Le Jardin hyperréaliste"
Trois artistes, au travail hyperréaliste, posent leurs valises dans les jardins de Valmer pendant cinq mois pour présenter leurs sculptures et peintures. Elisabeth Larousse, Maggy Anciaux de
Faveaux et Gérard Fally ne se connaissent pas, mais ont en commun le souci du détail et de la minutie au point que leurs créations ressemblent à s'y méprendre à leurs modèles. La nature est le
thème central de leur travail et chacun l'exprime avec un amour perceptible jusque dans l'objet. Les grandes feuilles de plâtre d'Elisabeth Larousse sont belles à croquer, le bestiaire d'argile
façon " Raku " de Maggy Anciaux de Faveaux transpire la poésie et les peintures à l'huile de Gérard Fally sont une figuration extraordinaire du microcosme qui se crée.
Chacun sait que les Jardins de Valmer ont un goût prononcé pour la culture potagère, les variétés anciennes ; mais ce que l'on sait moins, c'est que cette passion s'applique aussi à tout ce qui
touche à l'art quand il s'inspire de la nature. La nature devient art, puis l'art de la nature devient culture. On comprend alors aisément le choix des trois artistes pour exposer cette année
dans les jardins.
Elisabeth Larousse ou les laissés pour compte du jardin
Cette sculptrice est un coeur d'artichaut ! Sensible à ce qu'elle appelle les " laissés pour compte du jardin ",
c'est-à-dire les grandes feuilles que l'on coupe et qu'on laisse dans un compost ou sur les marchés car elles ne sont pas assez tendres ou vendables, Elisabeth les sublime et leur accorde
l'éternité. Feuilles de chou, de bette, de salade, de rhubarbe sont reproduites en plâtre avec une rigoureuse exactitude, au point d'imiter le gaufré, la souplesse ou le craquant du légume.
Placées dans un jardin, il est impossible de distinguer les oeuvres de leur modèle ! L'artiste, en les peignant avec le plus grand soin, choie ses créations et cultive son herbier géant.
Maggy Anciaux de Faveaux et son bestiaire poétique
La céramique japonaise appelée Raku a la préférence de Maggy Anciaux de Faveaux. Avec cette technique difficile et particulière de cuisson de
l'argile, l'artiste peut exprimer le piquant ou le craquelé d'une peau ou encore le brillant d'un regard. Ce qui l'intéresse, c'est la rencontre avec un animal : l'observer, le dessiner,
l'apprivoiser pour qu'enfin en sculptant l'argile apparaisse sous ses doigts, la vie sauvage. Et l'animalité ressort en effet de ces oeuvres empreintes de poésie. Hermine, tortue, grenouille,
loir ou encore oiseau musardent alors dans les Jardins de Valmer, comme pour de vrai !
Gérard Fally et la lumière fut
Chez Gérard Fally, la peinture est comme une religion. Pas un jour sans peindre, sans observer et saisir toute l'intensité de la lumière.
Celle-ci requiert toute son attention car il s'agit de trouver "l'instant décisif ", la nuance qui sera retenue sur la toile pour sublimer la nature morte. Le terme n'est d'ailleurs pas approprié
pour parler du travail de cet artiste ; il lui préfère l'expression flamande de " vie silencieuse ". Quand on voit le travail de Gérard Fally, on est en effet frappé par la densité de celui-ci,
la profondeur qui se dégage d'un simple coing, d'un panier de fruits ou encore d'un chemin de campagne. On est happé par la peinture : on pénètre alors solitaire dans cette " vie silencieuse ",
intense et simplement belle.
C'est vous qui le dites...